DÉVELOPPEMENT DURABLE : Le Mauricien Zaheer Allam désigné Outstanding Young Person of the World

Le vendredi 28 novembre dernier, pendant que pratiquement toute la République de Maurice avait pour seul sujet d’intérêt ses élections générales, un de ses fils recevait à Liepzig, en Allemagne, le très grand honneur d’être désigné parmi les dix Outstanding Young Persons of the World.

Zaheer Allam, originaire de Terre Rouge n’a que 27 ans, mais, déjà, il impressionne de grands concepteurs du monde futur (philosophe, urbanistes et penseurs américains, australiens et indiens). Urbaniste écologiste, ce membre-fondateur de la Plateforme Citoyenne anti-charbon est en train de révolutionner le paysage indien avec ses concepts en ligne dans le développement durable !

La reconnaissance attribuée au jeune Mauricien est accordée chaque année par l’organisation Junior Chambers International et elle récompense dix jeunes qui font l’effort de servir la communauté internationale et d’inspirer le monde de par leur exemplarité.

Zaheer Aslam a reçu son prix lors d’une cérémonie grandiose tenue en présence de 4500 participants venant de 100 pays et, à 27 ans, il était le plus jeune des dix récompensés. Toutefois, comme n’a pas manqué à le faire remarquer à la presse allemande, avec une grande humilité, le jeune homme a tenu à bien souligner que son prix, il le partage avec ses mentors américains et tous ses amis écologistes mauriciens auprès desquelles il mène combat contre la production de l’énergie à partir de produits polluants et en faveur du développement soutenable.

Le professeur Salingaros : “Allam va aider à sauver le monde d’un désastre”

Selon la presse allemande et australienne, le parcours du jeune homme est une source d’inspiration. Fraîchement sorti de l’université, il a tracé sa propre voie dans la vie en allant au-delà de son domaine d’études. Il a d’abord étudié l’architecture et le Project Management jusqu’au niveau de degré, puis il a poursuivi jusqu’au LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). A la fin de ces études, il a produit un papier qui a été repris par la Société internationale de bio-urbanisme dans lequel il a rapidement commencé à s’interroger sur la tendance actuelle de la société architecturale globale et la durabilité de l’architecture verte. Selon les spécialistes en la matière, la curiosité de Zaheer Allam et son enthousiasme l’ont conduit sous les ailes de Nikos Salingaros, un professeur américain classé parmi les 11 meilleurs penseurs urbanistes de tous les temps et parmi les 50 visionnaires qui sont en train de changer le monde. Ainsi, avec l’aide de ce prof, le jeune Mauricien a développé une véritable passion pour l’écologie, l’urbanisme, les énergies renouvellables et la culture.

Pour Nikos Salingaros, “Zaheer Allam et un jeune penseur en urbanisme et développement durable dynamique qui est en train de se faire un nom de lui-même en proposant des solutions à bas coût au monde en développement. En nageant à contre — courant des tendances actuelles, Allam se bat pour un design et une planification urbaine à l’échelon humain mais toujours avec une approche scientifique. Je crois fermement qu’il va jouer un rôle majeur en sauvant le monde d’un désastre énergétique futur”.

Il est, déjà, en train de changer le paysage indien

Il y a deux ans de cela, avec Fabiani Balisson et d’autres, Zaheer Allam avait fondé la Plateforme Citoyenne afin de mener la guerre à Maurice contre les énergies fossiles (dont le charbon et le pétrole) et pour l’adoption de politiques énergétiques soutenables. Le fait que cette organisation citoyenne locale a joué un rôle essentiel dans la grève de la faim entamée l’année dernière par Jeff Lingaya et qui avait contraint le gouvernement sortant à instituer la Commission énergétique nationale (NEC) et qu’elle a également été à l’avant-garde des campagnes de sensibilisation contre usage du charbon à Maurice, n’a pas échappé à l’attention du jury qui a eu la tâche d’évaluer les qualités de Allam.

Le jeune Mauricien n’en était cependant pas resté là. Vers la fin de l’année dernière, il a écrit un autre article critique sous le titre « Invasive Aesthetics : A manifesto for reviving architectural identity in developping nations ». Cet article a été jugé comme un des 20 meilleurs soumis en 2013 par ArchDaily. Cette publication est, elle, considérée, comme la plus grande plateforme du monde pour ce qui a trait à l’architecture. Fait exceptionnel, l’article a été traduit en plusieures langues et republié plus de 20 fois en attirant ainsi l’attention des professionnels et responsables de l’urbanisme internationaux, mais plus particulièrement en Inde. D’où la décision de l’Institut national de technologie de l’Inde et de l’Institut des architectes indiens de nommer Zaheer Allam conseiller auprès de l’International Conference on design Padagogy and Contextual aesthetics, la toute première conférence internationale du genre pour la promotion de la régénération de l’identité architecturale dans le monde en développement. Cette conférence doit se tenir en Afrique du Sud au début de l’année prochaine et déjà des milliers de personnes à travers la planète ont manifesté leur intérêt à y participer et des centaines de contributions auraient été reçues.

Membre fondateur de la conférence, Jinan Kodapully, philosophe et chercheur soutient que,“Zaheer is raising a very important but seldom explored issue which is the homogenisation of aesthetic sense due to invasion of senses. His work is influencing change in the indian landscape and brings an incredibly valuable contribution to the developing world as a whole.”

Le maire de Fremantle :“On a besoin de jeunes comme lui !”

Au début de la présente année, Zaheer Allam a représenté Maurice au Renewable Energy Forum, aux îles Samoa. Il a siègé sur un panel aux côtés du sénateur australien Scott Ludlam et a présenté le cas de notre pays, des petits Etats en développement et l’importance d’évoluer vers les énergies durables. A la fin de son exposé, Brad Pettitt, le maire de Fremantle (Australie) qui assistait au forum a dû avouer que, “Zaheer Allam is emerging as a timely and important voice in sustainable urban planning. He brings a unique combination of a clear understanding of the major global challenges the planet faces alongside his experience from the small island states and developping countries. we need more young people like Zaheer – dynamic, articulate and passionnate about a more sustainable future”.

 

Le jeune lauréat mauricien vit actuellement à Perth (en Australie). Cependant, il n’oublie aucunement ses compagnons qui continuent la lutte à Maurice. Certes, il déplore le manque de soutien ici pour ses idées novatrices, mais il se dit aussi “heureux qu’il y a tant de personnes qui sont en train d’abattre un travail formidable afin de combler le fossé entre ce qui est nécessaire et ce qui manque au pays”. Il cite les noms de Khalil Elahee, Jeff Lingaya, Yan Hookoomsing, Ruzayna Beegun, Yasin Denmamode, Dean Runen et quelques autres personnes pour lesquelles il dit souhaiter “qu’un espace soit créé afin qu’elles puisent mettre en pratique leurs idées pour construire une meilleure société”.


Qu’est-ce que le développement durable ?

Face à une planète menacée par une activité humaine croissante, la communauté internationale a dû remettre en question les bases du fonctionnement de notre monde d’aujourd’hui.

La notion de développement durable est née en 1980 d’une conclusion très simple : le critère économique ne peut pas suffire au développement global de la planète, il est également nécessaire de prendre en compte certaines exigences sociales et environnementales. Le développement durable doit permettre de préserver les ressources et l’état de la planète pour son prochain, de partager les richesses et ne pas laisser se creuser les écarts entre les pays pauvres et les pays riches.

Ce concept vise à remédier aux excès et aux dysfonctionnements d’un mode de développement industriel présentant d’évidentes limites sur le plan économique, social et environnemental et conduisant à une mise à mal de notre planète : réchauffement climatique, pollution, déchets, appauvrissement de la biodiversité, surexploitation des ressources naturelles, inégalités…

En s’appuyant sur un certain nombre de valeurs telles que la responsabilité, la participation, le principe de précaution, l’innovation, la prévention…, il combine ainsi une double approche :

Dans le temps : nous avons le droit d’utiliser les ressources de la Terre mais le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations à venir.

Dans l’espace : tout le monde a droit aux ressources de la Terre.

Il ne s’agit pas de renoncer aux progrès mais d’user avec modération des ressources.

Source: http://www.lemauricien.com/article/developpement-durable-mauricien-zaheer-allam-designe-outstanding-young-person-world

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