Développement durable : La valorisation des déchets

Le développement durable fait son bout de chemin et attire des nouveaux projets, surtout dans le secteur énergétique.  L’énergie renouvelable a la cote et les fermes solaires se multiplient. Mais le développement durable, ce n’est pas seulement la production d’énergie verte, mais aussi une gestion efficace des déchets, et leur élimination d’une façon écologique. Ainsi, le traitement des déchets a une portée économique non-négligeable.
Imaginons ce scénario : des collecteurs de déchets faisant la queue devant notre porte et proposent un prix pour enlever nos déchets, et nous les cédons à la meilleure offre ! Cette éventualité peut devenir une réalité au fur et à mesure que nos déchets se valorisent. Nos déchets sont aujourd’hui des matières premières pour d’autres industries. C’est l’absence d’une masse critique qui retarde l’avènement de beaucoup de projets. Mais une fois qu’un seuil acceptable sera disponible régulièrement, les ordures deviendront or.Le recyclage du papier se fait déjà à Maurice, et il y a même une pénurie de déchets papiers pour alimenter les usines. À Mare Chicose, un projet de ‘Waste to Energy’ est déjà en place. Trois ans de cela, un grand industriel indien était venu à Maurice pour voir s’il pouvait mettre sur pied une usine pour convertir tous nos déchets plastiques (sacs et bouteilles) en produits textiles.Après un inventaire sur place, il avait conclu que nous ne produisons pas assez de déchets plastiques pour viabiliser son projet. De la même façon, nos pneus usagés, nos vieux ordinateurs et équipements électroniques (e-waste), nos huiles de vidange (lubrifiants automobiles) de moteur usées et même nos déchets alimentaires ont une seconde vie. La technologie est là, il ne manque que les entrepreneurs. Mais un des obstacles est l’absence d’un système efficace de collecte de déchets ségrégés. Par exemple, à présent, les huiles usées sont jetées en pleine nature.

Les déchets plastiques sont, par contre, exportés. Les déchets médicaux sont toujours incinérés, bien qu’il existe de technologie moderne pouvant réduire drastiquement le volume à 2 % de compost inoffensif. Le traitement des déchets est devenu un pilier économique important dans de nombreux pays, créant beaucoup d’emplois sur toute la chaîne.

‘Green jobs’ : Maurice sur la bonne voie
« PAGE seeks to enable countries to formulate and adopt green economy policies ; strengthen the capacity of national partners to finance and implement inclusive green economy initiatives ; develop and provide global access to tools and training programmes on green economy ; and create and share knowledge on green economy to support its application at the country-level. »

La première conférence globale de PAGE (Partnership for Action on Green Economy) eut lieu au début de mars à Dubaï. C’était l’occasion pour plusieurs pays de partager leurs expériences et d’apprendre de nouvelles idées. Maurice y était représentée par Osman Mahomed, Executive Chairmen du MID Commisison. Plus de 450 participants de par le monde se sont concertés pendant deux jours sur plusieurs thèmes liés au développement durable.

L’un des faits saillants de la conférence était l’importance consacrée à l’émergence des ‘green jobs’. Osman Mahomed a déclaré au Défi Économie que les fonds sont là depuis janvier et que les projets MID connaîtront maintenant un rythme accéléré. À noter que le ministère des Administrations régionales organise un atelier de travail sur le ‘E-Waste Management’, ce jeudi 3 avril 2014, au Domaine Les Pailles.

Zaheer Allam, environnementaliste : « Encore un long chemin à parcourir »
> Est-ce que le concept MID a-t-il connu du succès jusqu’ici ?
Le développement durable ne se réalise pas du jour au lendemain et je crois que le MID a encore un long chemin à parcourir. Toutefois, cet organisme est loin d’être l’agence qui mène le combat. Les différents projets réalisés jusqu’ici sont limités et je pense que le concept même de développement durable n’a pas encore été bien maîtrisé par certains de l’équipe.

Je dois avouer que le MID a aussi contribué dans la création de la NEC (National Energy Commission), mais il ne faut pas oublier que la NEC est plutôt le résultat d’un groupe de pression au niveau communautaire. Je comprends les critiques faites à l’encontre de la commission MID, et son silence sur certains projets non-écologiques est embarrassant. Il semble qu’il n’y a pas assez d’actions. Je dirai même une vision limitée et une absence d’idées concrètes.

> Qu’est-ce qu’on a alors raté ?

Si nous voulons vraiment réussir un développement durable, nous devrons nous concentrer sur plusieurs angles : de l’infrastructure à la sécurité alimentaire, de même que l’économie en général. L’idée d’une institution qui travaille en solo n’est pas bonne. Il faut restructurer certaines organisations et certains projets, et impliquer davantage les différents ministères, afin de développer davantage de synergie. Ce sera non seulement une approche plus intelligente, mais cela permettra de dénicher d’autres idées et d’autres secteurs pour de nouveaux projets. Le système doit être très connecté à tous les niveaux. Une opération ‘en silo’ ne produira pas les résultats escomptés, et ce sera un gaspillage de ressources.

Interviewed by Defi. Link here.

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